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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 11:31

jo-la-terreur

 

 

A. Lebreton

 

Je viens de terminer la lecture des "Pégriots" d'Auguste Le Breton. Une tranche d'histoire !

 

 

 

 

Georges Hainnaux alias Jo de Boulogne alias Jo les cheveux blancs alias Jo la terreur, est un personnage qui a vu beaucoup de choses et croisé pas mal de célébrités.
Une belle tranche de vie que ce gars là, une descente dans les bas-fonds.  Pour une fois je me sers de l'iconographie d'autres sites, mais je mets les liens qui y correspondent.

 

G.Hainnaux

 

Cela commence vers 1900, la jeunesse avec un père alcoolique et violent, la fuite de la maison familiale et la fréquentation des forains où il rencontre "La Goulue" dont il se lie d'amitié avec son fils, la prison en Belgique, sa fuite et une période de deux ans d'esclavage dans les mines du Nord de la France à 14 ans. Puis la rencontre avec René Lambert dit le "Grand René de Londres", une des pointures du milieu, évadé des bagnes militaires genre Biribi et dont il devient le fils spirituel.

 

Georges est un boxeur et même un fichu cogneur. Remarqué, il servira même de modèle au sculpteur Eloff, pour une statue exposée à Prétoria (Afrique du Sud) et aurait pu avoir une carrière pro.

pugiliste

 

 

Dans le café fréquenté par "l'équipe de fer" on y voit Bonnot qui vient haranguer les clients. Il rencontre aussi Fréhel. On y voit les liens mondialistes de cette pègre, Londres, Buenos-Aires et l'Amérique du Sud.

C'est la période des apaches, des "fortifs" et des bals musettes.

 

Ce qui est amusant c'est tout les surnoms (et les noms connus) de ces voyous qui agrémentent le récit :

Le vieux Gréco, Jean le tatoué, Bonaventure Carbone,  Lidro Spirito, Charlot Paletot de cuir,  Adrien le Basque, Jean les yeux bleus, Raoul le Dingue, Louis de la Java, Joseph le capitaine des corses, Les frères Stefani, Jo les gros bras, Jo Trappe, Jo le Balafré, Jo les grands pieds, les frères Traucaze, Bébert l'Algérien, Coco Gâteau,  Charlot la Bourre,  Bicot de Montparnasse, Alphonse Miroir, Jean de la Villette, Les frères Lafitte, Pitus de Grenelle, Michel des Gobelins, Le baron de Lussatz, Milo Jacquot, `Lucien l'Avocat, Trombine, Antoine Scapagna, Bibi l'assassin,  Le grand René de Londres,  Maurice le Flambeur, Charlot l'éventré,  Dédé nez cassé,  Léon les chiens,  Titin,  Raoul le Fou,  Chocolat le rencardeur, Gégéne des Gravilliers, Tché-Tché, Dédé de Dunkerke, Pattes-de-dinde, Julot le Boulonnais,  Mégot, Julot le voûté, Le grand Pivoine, Paulo le bigle, etc.  

 

 

Stavisky

Jo va devenir le garde du corps de Stavisky, avec qui il se liera d'amitié. C'est un passage assez intéressant dans lequel les hommes politiques et financiers viennent allégrement se graisser la patte avant que le fameux scandale éclate. Il a bien du mal a éclater d'ailleurs, car nombre de gens haut-placés étouffent les tentatives judiciaires envers Stavisky, qui est une sorte de Madoff avant l'heure.

Jo deviendra le dépositaire des talons de chèques de Stavisky, tant recherchés, soit par la justice, soit par ceux dont les noms apparaissent.

 

Sinon rien d'extraordinaire dans le parcours, des assassinats, des règlements de compte, du racket envers les maquereaux et souteneurs et cette exploitation des femmes qui hélas, n'est pas de l'histoire ancienne, bien au contraire.
Une sacrée page d'histoire, de la petite histoire mais c'est de tous ces faits que se tricote aussi la grande Histoire.

 

Un passage aussi sur la seconde guerre, les malfrats au service de la gestapo de la triste rue Lauriston dont Bonny, un policier rencontré lors de l'affaire Stavisky.

Une rencontre, brève, avec Violette Morris, sportive de haut niveau puis collaboratrice des Allemands, qui sera exécutée en 1944 par le maquis.

 

(Dans le livre, Jo n'a rien à voir avec les tristes figures de la rue Lauriston, ni avec Violette Morris. Dans d'autres sites, il est dit qu'il en faisait partie et qu'il était l'amant de Violette).

 

Il y a sur le tard une rencontre amicale avec Jean Gabin, qui lui procurera des petits rôles dans ses films

 

Jo a échappé à un nombre élevé de tentatives d'assassinat.

 

Il y a aussi en filigrane l'histoire d'Eugéne des Gravilliers, maître des cercles de jeux clandestins et indicateur notoire.
D'ailleurs quand Simenon dans un article le traite de minable indicateur, "Gégéne"  se paye le luxe de faire publier dans Paris-Soir un rectificatif : "Réponse à M. Simenon, je ne suis pas le petit indicateur, ainsi que m'a désigné M. Simenon, mais le premier indicateur de France. C'est moi qui suis responsable de l'arrestation de Charrier, le tueur du train 5, de la bande des polonais, de celle de l'assassin de la rue Mozart et de beaucoup d'autres, que M. Simenon se renseigne".
 

Simenon, est vite retourné  en Belgique pour éviter tout problème.
Gégéne soupçonné d'être
un indicateur, dévoile ainsi publiquement son autre facette. Il ne craint pas la pègre et a toujours son marteau à portée de main en cas de coup dur.  Il mourra de vieillesse.

 

Une tranche donc d'une histoire du XXème siècle.

 

---

 

 

 

 

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Published by Old Paplar' - dans Histoire
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commentaires

kinou 03/02/2016 00:36

je l'ai lu 2 fois . pour qui s'intéresse a la " voyoucratie " ce livre est hallucinant !
une plongée dans un monde de voyous disparu . rien que les surnoms ( les blazes ) ! impensable aujourd'hui .

thierry jové 03/01/2016 19:45

J'ai lu votre prose, et ma foi, je vous souhaite d'avoir un jour le talent d'Auguste LEBRETON, pour conter l'histoire d'un Homme aussi controversé, que le fût l'ami jo les cheveux blancs.

aveline 03/01/2016 23:26

Le Breton, non Lebreton.

aveline 30/09/2015 12:22

Il-y-a des erreurs dans le résumé à chaque ligne:: il se lie d'amitiè avec le fils de la Goulue, non de Casque d'Or (Boucle d'Or?); il fait la prison en France, non en Belgique ou il fait le mineur pour deux mois (non années e pas en France).

stéphane 19/09/2014 21:41

Il est assez amusant de lire un article bourré de fautes de syntaxe affirmant qu'un livre est "mal écrit"...

Old Paplar' 20/09/2014 09:21



Ne m'en parlez pas, des fois j'ai honte quand je relis des articles. Pas assez de temps à accorder au blog, le traitement des images demandant pas mal  de travail et mes documents
s'accumulant, je vais vite. Prendre du temps, je n'en ai pas, je mets mes images en ligne, des fois je me sens obligé de parler d'un sujet qui m'a étonné, comme ce "Jo" mais si je pouvais m'en
abstenir je le ferais.
Désolé des fautes, erreurs de frappe et des fois de syntaxe, mais voilà, je ne peux pas plus m'investir dans ce blog intéressant qui ne me rapporte rien sauf de faire plaisir aux autres. Ne me
jettez pas la pierre, effectivement je suis l'arroseur arrosé, j'ai critiqué ce livre mais tout en le valorisant sur son aspect historique, mea culpa...



Gerard de Kamper 02/10/2013 14:23

Thank you very much. Can you give me the page numbers in the book where the photograph and the information is? The book is not available in South Africa and it is easier to ask a French Library to
make me scans of the pages.

Thank You again

Gerard

Barbench 04/08/2016 15:52

Et on ne dit pas 'des fois' mais quelquefois...

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